5 octobre 2022

Conseil communautaire du 14 décembre 2020 – interventions de Mathilde NASSAR

Intervention sur le rapport 7

Je profite de ce rapport pour faire une remarque qui concerne la Sodeb en général et pas ce rapport en particulier, la Sodeb en tant qu’opératrice de la ZAC de l’Aéroparc de Fontaine.

 Il va bien sûr être question d’Amazon ce soir dans les débats, et au-delà de toutes les sources d’inquiétude légitimes, qu’elles soient de l’ordre de l’aménagement du territoire (voyons ce qu’il se passe sur les routes autour d’Annecy !), d’ordre économique (mort des commerces de proximité), social (des emplois précaires, dans des conditions très difficiles), écologique (pollution), et plus généralement sociétal (un modèle de société dont on ne veut pas), au-delà donc de tout cela, je ne comprends pas comment nous pourrions accepter que ce soit la Sodeb – et donc nous –  qui paie les compensations environnementales liées à une telle implantation, soit 1 million d’euros environ. Alors que ce dispositif de paiement des compensations peut avoir un intérêt dans le cadre de l’implantation d’une entreprise « classique », quand il s’agit de l’un des géants mondiaux il nous semble obscène que ce soit la collectivité qui s’en charge.

Intervention sur le rapport 12

Mme la vice-présidente, le rapport que vous nous présentez ici appelle un certain nombre de remarques et de questions. Tout d’abord, il vise à mettre en avant des compétences et expertises locales, ce qui est très positif, mais cela ne doit pas masquer que ces fameuses latrines qui nous sont présentées sont avant tout le projet du CREPA (centre régional pour l’eau et l’assainissement) de Ouagadougou, qui n’a pas attendu les collectivités terrifortaines pour développer cette solution – laquelle solution est en effet très intéressante en milieu urbain, mais beaucoup moins adaptée en milieu rural.

Vous nous proposez l’adhésion à CUF – une adhésion au montant extrêmement élevé, ce qui m’interroge puisque le département, qui en a été membre pendant des années, avait arrêté d’y cotiser notamment en raison du coût. Par ailleurs, les objectifs de CUF peuvent nous questionner puisque, d’une association de collectivités pour la coopération centralisée, cet organe est devenu peu à peu non seulement un terrain de joutes politiques mais surtout, un véritable opérateur du développement, ce qui n’est pas son rôle au départ. Cette adhésion et l’implication de CUF ne font-elles pas double emploi avec le travail mené par Bourgogne Franche-Comté international, dont ce sont justement les missions ?

Et puis, surtout, mon principal problème vient de ce que l’on nous propose une vision de la coopération qui me semble totalement dépassée. Certes, on se donne bonne conscience en répondant à 11 ODD sur 17, mais nous sommes encore et toujours dans la posture de l’occidental qui sait, et qui amène le développement à des territoires qui devraient l’accueillir avec reconnaissance.

Or, rappelons que des deux communes avec lesquelles Belfort travaille dans le cadre du jumelage, l’une a tout simplement refusé d’adhérer à ce projet de latrines (Komki-Impala) et l’autre, Tanghin-Dassouri, n’a accepté qu’avec de grosses réticences. Pourquoi ? Parce que cela ne répond pas à un besoin local ! En fait, nous n’écoutons pas ces partenaires de plus de trente ans !

Et avec cela, nous devrions verser 15 000€ pour la participation financière à une conférence internationale qui semble pour le moins prématurée, inutile ou prétentieuse, et surtout coûteuse pour un projet qui n’est pas populaire auprès des populations bénéficiaires. Celles-ci, pour 80% en milieu rural, continuent à se situer en dessous du seuil de pauvreté, ont faim pendant les fameux « mois de soudure », font face à un manque d’eau cruel : peut-être cet argent aurait-il pu être plus judicieusement investi et rendre plus remarquable la politique de coopération décentralisée du Grand Belfort. Ce rapport témoigne d’une façon bien paternaliste de voir la coopération, à laquelle nous ne pouvons adhérer.

Intervention sur le rapport 13

Je voulais dire mon étonnement face à ce rapport, qui concerne un projet d’investissement important du mandat précédent. Qu’il y ait des changements qui surviennent en cours de projet, sur un dossier de cette ampleur, cela semble parfaitement normal ; mais parmi ceux qu’on nous liste ici, plusieurs auraient pu, auraient du être anticipés ou peuvent à bon droit nous interroger. Les modifications du revêtement du sol, ou du choix de la peinture ne relèvent-elle pas plutôt de caprices que de l’impondérable lié à ce type de chantier ? Vous me rétorquerez que ces 25 000€ sont une somme bien faible au regard du budget total de ce projet ; mais est-ce qu’en période de crise, de contraintes financières plus fortes que jamais sur les collectivités, cette somme n’aurait pas pu être utilisée autrement ?

Intervention sur le rapport 27

Merci pour ces données, nous prenons acte du fait qu’un certain nombre de pistes intéressantes sont creusées et que des mesures sont mises en place. Je souhaite cependant réagir à un chiffre que je trouve très préoccupant, celui de la part des femmes dans les postes d’encadrement : sur le sujet, il y a un gros travail à faire, on compte le double d’hommes dans ce type de postes. N’ayant pas lu cela dans le rapport, j’aimerais savoir si cet aspect est pris en compte et si, quand il faudra remplacer quelqu’un dans ce type de poste, des dispositifs seront mis en place pour favoriser l’emploi de femmes et une plus grande mixité.

Intervention sur le rapport 29

Merci pour ce rapport intéressant qui montre qu’un certain nombre de choses va dans le bon sens, je pense à l’investissement dans les réseaux d’eau, à la gratuité des transports en commun quand la qualité de l’air est mauvaise par exemple.

Cependant nous voudrions faire à son sujet quelques remarques, tout en proposant des pistes de travail : pour faire la transition écologique dont plus personne ne remet en cause la nécessité, il faudra en effet aller encore beaucoup plus loin.

Les panneaux solaires sur l’Aéroparc sont un sujet très souvent mis en avant. Il ne faudrait tout de même pas oublier qu’il s’est surtout agi de fournir un terrain à EDF qui en avait fait la demande. Certes, on va produire de l’électricité renouvelable dans notre agglomération, mais cela ne fait pas un vrai projet de territoire ! Quel impact y aura-t-il sur les habitant.e.s ? Sans doute aucun. Quelles retombées en matière d’emploi local ? Nous espérons une réponse claire. Car en effet, faire la transition écologique c’est non seulement agir sur l’environnement, mais c’est aussi conduire à des améliorations sociales comme démocratiques : car pour être efficace, la transition ne peut se faire qu’en associant les habitant.e.s.

Ce projet devrait générer des revenus non négligeables, un peu plus de 400 000€ annuels si j’en crois ce qui était annoncé dans la presse. Qu’est-il prévu de faire avec cet argent ? Ce projet solaire deviendrait vraiment intéressant pour notre territoire si, par exemple, ces sommes sont réinvesties sur des actions spécifiques liées à l’écologie, comme des actions pédagogiques, ou pourquoi pas des initiatives innovantes et exemplaires par le biais d’un appel à projets.

Par ailleurs, une partie du rapport est consacrée aux actions concernant l’habitat : c’est bien sûr positif, mais encore largement insuffisant malheureusement. Pourquoi ne pas créer, comme à Montbéliard, une plateforme de rénovation énergétique pour les habitants, afin d’agir dans le parc privé comme c’est déjà fait dans le parc public ? C’est en effet ce qui fait le plus défaut à l’heure actuelle, où subsiste pour les particuliers un grand flou quant aux aides disponibles et à la multiplicité des interlocuteurs. Cela apporterait davantage de transparence sur les mécanismes existants et aussi sur la façon dont ils sont subventionnés.

Et les 400 000€ dont je parlais pourraient eux-aussi servir à installer cette plateforme : j’insiste sur ce sujet car il est crucial. La rénovation énergétique des bâtiments, c’est de l’emploi local et des réductions de factures pour la population !

C’est la raison pour laquelle le partenariat avec Gaïa énergies, que nous évoquerons rapport 57, est une excellente chose. Mais, au-delà de l’aspect financier, le Grand Belfort peut et doit miser sur la communication : l’objectif doit être de sensibiliser un maximum de personnes, et d’inviter les copropriétés et notamment les syndics bénévoles à demander ces aides pour lancer les travaux.

Enfin, vous avez pu voir qu’un collectif de maires s’engage à mettre en œuvre les propositions de la convention citoyenne pour le climat : nous ne pouvons que vous encourager à leur emboîter le pas, car en effet, de nombreux leviers pour contrer le changement climatique sont locaux. Juste quelques exemples : il est possible d’agir en fixant des critères environnementaux dans les appels d’offres, en favorisant encore davantage les transports en commun et le vélo, en rénovant les bâtiments municipaux pour économiser de l’énergie, en limitant l’étalement urbain pour ne pas grignoter les terres agricoles ou les champs nécessaires à la biodiversité, en relocalisant les emplois…

L’écologie, ce sont des emplois, des économies, la perspective d’une vie meilleure pour les habitant.e.s, nous avons toutes et tous à y gagner.